REGARDS CROISÉS
ENTRE LE FCE ET
LA SAVONNERIE ROYALE
À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, nous donnons la parole à deux figures inspirantes de l’entrepreneuriat au féminin : Anne-Laure Bernaert, Présidente du réseau FCE78 (Femmes chefs d’Entreprises, délégation Yvelines) et Christine Vasse, fondatrice de La Savonnerie Royale. Deux parcours singuliers, deux visions complémentaires, mais une même ambition : encourager et accompagner les femmes à oser entreprendre.
Loin d’être un simple slogan, l’entrepreneuriat au féminin est une réalité encore jalonnée de défis, mais aussi de formidables opportunités. Qu’est-ce que cela signifie aujourd’hui de créer et diriger une entreprise en tant que femme ? Quels sont les freins qui persistent et comment les dépasser ? Quelles leçons tirer de cette aventure ?
À travers cet échange exclusif, ces deux présidentes nous livrent leur regard sur les enjeux de l’entrepreneuriat féminin et nous partagent leur expérience, entre engagement, audace et transmission.
Rencontre avec deux femmes d’influence qui font bouger les lignes.
Pouvez-vous vous présenter ?
A-L. B. : Je m’appelle Anne-Laure Bernaert. J’ai un mari, 3 fils et une famille extra qui me soutient dans mes projets ! Après une vingtaine d’années d’expérience dans des équipes finance, puis Directrice du contrôle de gestion, j’ai créé CapSud Performance en 2012, un cabinet de Gestion et Organisation pour l’optimisation des performances opérationnelles, financières et sociétales. Il s’agit de mettre à disposition des PME des compétences en gestion, finance et organisation pour des missions ponctuelles ou récurrentes. Il me semble important que toutes les entreprises, et pas seulement les gros groupes, aient du soutien pour analyser et optimiser la rentabilité, budgéter, prévoir, anticiper… bref piloter leurs performances.
C.V. : Je suis Christine Vasse, la fondatrice de La Savonnerie Royale de Versailles. C’est une entreprise familiale car ma fille Laetitia m’a rejoint il y a quelques années.
Pouvez-vous nous présenter le réseau Femmes Chefs d’Entreprises 78 et son rôle ? Quelles sont ses valeurs et missions ?
A-L. B. : Tu as mentionné le mot-clé : RESEAU ! FCE France pour Femmes Chefs d’Entreprises, est une association interprofessionnelle, apolitique et non gouvernementale qui existe depuis 1945. Aujourd’hui c’est un réseau de plus de 2400 femmes réparties sur tout le territoire national en 66 délégations y compris dans les DOM TOM.
Ce qui fait la singularité de notre réseau c’est :
– Le 1er réseau (et le plus ancien : 80 ans) d’entreprenariat féminin
– Le maillage national mais aussi international avec FCE Monde présent sur tous les continents.
– Les valeurs fortes d’entraide, engagement, partage, bienveillance, écoute
– Une représentativité dans les instances économiques et sociales par les mandats pour défendre les entreprises et participer au développement économique de nos territoires. FCE est un partenaire et un relais auprès des fédérations telles que le Medef et la CPME, auprès des CCI, CMA et autres
Notre devise est éloquente : ‘Seules nous sommes invisibles, Ensemble nous sommes invincibles’ !
FCE est avant tout un réseau de femmes qui s’entraident pour le développement de leurs entreprises et de leur territoire. Nous organisons des rencontres, des formations, des visites d’entreprises, du co-développement, des conférences et autres dîners à thèmes pour s’informer, se rencontrer, s’inspirer, s’entre-aider dans le développement de nos affaires.
Je vous invite à venir nous rencontrer lors d’un prochain évènement.
Au sein de ce réseau j’ai fait des rencontres extraordinaires avec des femmes formidables, douées et inspirantes, qui s’engagent pour les autres et mènent de grands projets. Toujours avec beaucoup de bienveillance, de conseils utiles, d’échanges qui nous rendent plus fortes. Les rencontres apportent du recul et des points de vue différents, toujours bienveillants.
FCE c’est aussi l’Engagement car la grande majorité d’entre nous a des responsabilités locales ou des mandats (CCI, CMA, CPAM etc) pour représenter les entreprises.
Généralement, les femmes donnent beaucoup de leur temps aux autres, aussi dans les domaines caritatifs et associatifs pour tout type de sujets/causes.
C.V. : Anne-Laure la présidente du FCE Yvelines en a fait une parfaite présentation détaillée.
En cette journée du droit des femmes, que signifie pour vous entreprendre au féminin ?
A-L. B. : Force est de constater aujourd’hui encore que dans le monde économique c’est plus difficile pour les femmes de se faire une place. Tout d’abord, je conseille à toutes celles et ceux qui se lancent dans la création d’entreprise de bien s’entourer, d’être conseillé et accompagné. S’appuyer sur un réseau est un vrai plus. Ensuite c’est bien de faire partie d’un réseau local ou professionnel ou les deux et de participer régulièrement pour mieux connaître les membres, faire connaître son offre et se challenger au contact de ses pairs.
Tous les réseaux diront qu’ils sont bienveillants, mais entre femmes les relations sont plus simples, directes, et la sororité est forte lorsque l’on se connait bien.
Les femmes ont des atouts essentiels pour réussir : la pugnacité, la persévérance, la patience, mais aussi la créativité… un cocktail détonnant au service des entreprises.
C.V. : Entreprendre au féminin, c’est oser au féminin. Je suis très confiante sur les nouvelles générations car le chemin est plus facile et elles se mettent moins de barrière.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans l’entrepreneuriat ?
A-L. B. : L’amour de mon métier et la conviction que la gestion, même en mission ponctuelle, rend services aux dirigeants pour garder le cap qu’ils se sont fixés. J’ai la chance d’avoir un métier transverse qui permet de suivre tous les aspects de l’entreprise, ses enjeux critiques et comment les appréhender. Nous travaillons aussi bien sur des processus que sur des données chiffrées, du qualitatif… c’est très varié.
C.V. : J’ai la fibre entrepreneuriale depuis toujours. J’ai cocréé ma première entreprise à l’âge de 27ans. J’ai au fond de moi ce besoin de créer et d’entreprendre.
Pensez-vous qu’il existe encore des freins pour les femmes dans l’entreprenariat ?
A-L. B. : Je pense que les freins sont bien moindres qu’il y a encore quelques années et que c’est à nous et à la jeune génération qui nous suit, de faire bouger les lignes ! D’autres l’ont fait avant nous. L’essentiel est de croire en ses capacités, de s’adapter au monde qui change à une vitesse folle, et de savoir se battre pour obtenir ce que l’on souhaite.
C.V. : Je pense que les femmes sont capables de relever de nombreux défis. Pour moi, il n’y a pas vraiment de frein. C’est surtout un choix de vie.
Quelle est la plus grande leçon que vous avez apprise en tant que cheffe d’entreprise ?
A-L. B. : Qu’il faut OSER !! il est préférable de se lancer, tenter l’aventure, même si au bout on échoue, plutôt que de se morfondre avec plein de regrets et d’attentes. Parfois les opportunités sont liées à peu de choses. Mais qui ne tente rien n’a rien. La vie est belle et je pense qu’il faut la vivre pleinement, autant qu’on peut.
C.V. : La vie d’un chef d’entreprise n’est pas simple. Les difficultés sont nombreuses mais si l’on est passionnée par son métier, alors le parcours en vaut vraiment la peine.
Comment le FCE a-t-il pu contribuer à votre parcours entrepreneurial ?
A-L. B. : J’ai fait de très belles rencontres inspirantes parmi les FCE, et je côtoie régulièrement des femmes singulières par leur métier, leur parcours, ou leur personnalité. C’est très enrichissant et ça m’aide à voir les choses différemment à me remettre en question parfois.
J’ai noué des partenariats aussi au sein de FCE et y ait trouvé des fournisseurs.
C.V. : J’ai également fait de très belles rencontres. Grâce à FCE, j’ai fait la connaissance de Michèle Richer, la spécialiste du verre de Murano. Cette rencontre a donné lieu a un joli partenariat et la création d’une magnifique ligne de porte-savons.
